L’entretien, la conservation et la restauration constituent les axes fondamentaux des interventions menées pour assurer la pérennité de la cathédrale de Strasbourg. Ces actions, guidées par le respect de l’authenticité du monument, visent à transmettre ce patrimoine aux générations actuelles et futures.

Valeur et composition du monument

La cathédrale de Strasbourg, à l’instar de tout bien culturel, revêt une importance historique, culturelle, esthétique, éthique, technique et artistique. Sa structure repose sur une diversité de matériaux tels que le grès, le verre des vitraux, les mortiers, le bois, les décors peints, la terre cuite, et les métaux (plomb, fer, cuivre). La sauvegarde de cet édifice mobilise une large communauté de spécialistes : artisan·es, conservateur·trices, historien·nes, archivistes, scientifiques et architectes, etc.

Cadre de référence : de la Charte d’Athènes à la Charte de Cracovie

La réflexion sur la préservation des biens culturels apparaît dès 1931 dans Charte d’Athènes, qui recommandait de respecter l’œuvre historique et artistique du passé, sans proscrire le style d’aucune époque. Cette approche est approfondie par la Charte de Venise de 1964, le document de Nara en 1994 et enfin par la charte de Cracovie de 2000 qui insistent notamment sur le respect des apports successifs à un monument, la notion d’authenticité, d’intégrité et d’identité au travers d’une interdisciplinarité et de l’évolution des connaissances. Elles précisent que l’unité de style ne constitue pas un objectif en soi. Toute décision de revenir à un état antérieur ne peut être envisagé que dans des cas exceptionnels, les interventions doivent être réalisées sous le prisme de l’intervention minimum et que « tout nouveau matériau, toute nouvelle technologie doivent être rigoureusement testés, comparés et maîtrisés avant application ».

Trois approches complémentaires

L’entretien
L’entretien repose sur des actions régulières de conservation préventive qui visent à prévenir de potentielles conditions d’altérations. Ces interventions comprennent :

  • Une veille quotidienne de l’état général de l’édifice.
  • Le nettoyage périodique des galeries de circulation, escaliers et autres espaces accessibles.
  • Le contrôle des écoulements et évacuations d’eaux pluviales (gargouilles, chéneaux),
  • L’entretien des éléments fonctionnels tels que les portes, grilles et réseaux électriques.

La conservation
La conservation est la recherche et la mise en œuvre d’un ensemble de pratiques destinées à prolonger la vie d’une œuvre d’art ou d’un objet d’art. Elle nécessite la recherche et l’élimination des causes d’altération. Elle se décline en deux aspects :

  • Conservation préventive : interventions sur l’environnement urbain proche, réduction des polluants, préservation des écosystèmes et maintenance périodique.
  • Conservation curative : traitements ciblés sur les matériaux pour ralentir ou stopper les processus de détérioration.

La restauration
La restauration consiste à réaliser des copies exactes ou conformes des éléments architecturaux trop altérés pour être conservés. Ces interventions s’appuient sur une documentation rigoureuse afin de garantir la fidélité au patrimoine originel. La priorité est toujours donnée à la conservation des éléments d’origine ou de restaurations antérieures.

La conservation-restauration est une discipline qui mobilise un large panel de compétences et de méthodes afin de concilier intégrité, durabilité et authenticité. La combinaison de l’entretien, de la conservation et de la restauration permet d’assurer la transmission intègre et pérenne de ce patrimoine exceptionnel.